Vivre 100 ans : pourquoi la génération X ne devrait pas compter sur l’héritage pour financer sa retraite

Les membres de la génération X, maintenant dans la quarantaine et la cinquantaine, doivent composer avec toute une série de pressions financières : des années de revenus élevés qui ne se traduisent pas toujours en épargne maximale, des enfants qui doivent poursuivre leurs études et des parents vieillissants dont les besoins augmentent. Dans ce contexte, il peut être tentant de considérer un éventuel héritage comme une solution future pour la retraite.

Un couple de personnes âgées à la retraite fait de la randonnée avec enthousiasme sur une colline herbeuse en utilisant des bâtons de marche par une journée ensoleillée.

Mais l’allongement de l’espérance de vie, combiné à l’évolution des dépenses des retraités au fil des années, modifie les calculs de l’héritage et pourrait signifier que la prochaine génération reçoit moins que ce à quoi elle s’attendait. L’élaboration d’un plan de retraite autour d’un montant que vous ne contrôlez pas et que vous ne recevrez peut-être pas au moment prévu peut introduire un risque important dans la planification, surtout si cela augmente les chances d’épuiser votre épargne-retraite de votre vivant.

Les manchettes sur le « grand transfert de patrimoine  » ajoutent à la confusion. Les estimations suggèrent qu’entre 1 000 et 2 000 milliards de dollars sont transférés des générations plus âgées – en grande partie les baby-boomers – vers les plus jeunes au Canada. L’ampleur même de ces chiffres peut donner l’impression qu'un héritage est presque inévitable. Pourtant, le montant et le moment de tout transfert sont loin d’être garantis, car les véritables décideurs restent les personnes qui détiennent actuellement les actifs.

Pourquoi l’héritage devient-il moins fiable comme stratégie de financement de la retraite? La réponse est simple : les parents vivent plus longtemps. Les retraités modernes peuvent vivre de 25 à 35 ans après avoir cessé de travailler, ce qui prolonge la période pendant laquelle ils ont besoin d’un revenu, de liquidités et de flexibilité, et augmente les considérations relatives au risque de longévité à la retraite.

Cette tendance à la longévité ne fait que s’accentuer, car le nombre de personnes vivant jusqu’à 100 ans devrait quadrupler au cours des 30 prochaines années, faisant d’une retraite de 40 ans une réelle possibilité pour de nombreuses familles. Une longévité accrue, c’est évidemment souhaitable. Mais cela change les calculs de la planification successorale en repoussant l’héritage à plus tard, parfois jusqu’à ce que les enfants soient eux-mêmes proches de la retraite ou déjà à la retraite.

Un héritage qui peut tarder, et diminuer

Le moment n’est qu’une partie de l’histoire. Les membres de la génération X peuvent non seulement attendre plus longtemps, mais aussi recevoir moins. Des vies plus longues et en meilleure santé peuvent amener les baby-boomers à dépenser une plus grande partie de leurs actifs au fil du temps, en privilégiant les voyages et les loisirs au cours des premières années, puis pour des coûts de santé et de mieux-être qui tendent à augmenter avec l’âge. Il faut aussi considérer que beaucoup souhaitent vieillir selon leurs valeurs, en restant actifs et bien entourés, ce qui pousse naturellement les parents à conserver une plus grande réserve financière.

Les attitudes envers l’héritage évoluent également. Plutôt que de laisser un héritage important, de nombreux parents préfèrent faire un don de leur vivant afin de voir leurs enfants et petits-enfants en profiter. Cela peut prendre la forme d’une aide pour les frais d’études, d’une mise de fonds sur une maison ou d’une contribution à l’éducation des petits-enfants. Ces dons peuvent être conséquents, mais ils peuvent aussi réduire ce qu’il reste plus tard, et ils ne correspondent pas nécessairement au calendrier de retraite de la génération X.

Parallèlement, la génération X est confrontée à des difficultés structurelles liées à la retraite que les générations précédentes n’ont pas connues. Les régimes de retraite en milieu de travail sont devenus moins courants depuis le passage des régimes à prestations déterminées aux régimes à cotisations déterminées. De nombreux membres de la génération X sont également susceptibles de subvenir aux besoins de leurs enfants et de leurs parents vieillissants en même temps, ce qui leur laisse moins de marge de manœuvre dans leur budget mensuel pour « rattraper » leur épargne-retraite. 

Ajustement du plan

Alors, comment la génération X peut-elle composer avec cette incertitude successorale? Partez d’une hypothèse pratique : prévoyez recevoir moins et plus tard. Même si un héritage est envisageable, considérez-le comme un atout supplémentaire plutôt que comme le pilier de votre plan de retraite. Cela signifie qu’il faut privilégier la planification proactive : maximiser les cotisations de retraite dans la mesure du possible, rembourser les dettes et constituer de solides réserves d’urgence pour réduire le risque que des surprises à court terme fassent dérailler vos objectifs à long terme.

Cela implique aussi d’avoir des échanges honnêtes avec ses parents concernant leurs attentes et leur planification successorale. Des conversations qui, bien que parfois inconfortables, peuvent éviter bien des surprises et favoriser une transition plus harmonieuse des actifs le moment venu. La clarté n’exige pas de chiffres exacts, il s’agit de comprendre si les parents prévoient dépenser la majeure partie de leur épargne, s’ils envisagent un don important de leur vivant ou si les besoins en matière de soins de longue durée pourraient avoir une incidence importante sur la succession.

Enfin, il faut reconnaître que la planification de la longévité de la retraite est un élément essentiel pour obtenir les bons chiffres. L’épargne et les placements, et même la planification des soins de santé, ne suffisent peut-être plus à eux seuls. Avec une retraite qui peut s’étendre sur plusieurs décennies, il est nécessaire d’élaborer un plan complet qui prend en compte toutes les réalités d’une vie plus longue : le mode de vie, les responsabilités familiales et la façon dont les décisions financières d’aujourd’hui devront peut-être s’adapter au fil du temps.

En fin de compte, la retraite la plus solide est celle que vous pouvez financer par vos propres moyens. L’héritage peut s’avérer un atout, mais face aux aléas de la longévité, des dépenses et des priorités familiales qui évoluent, la génération X a tout avantage à élaborer un plan qui n’en dépend pas.

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